Les six aveugles et l’éléphant

 

Une aidante a écrit ces quelques lignes qui doivent inciter nos médecins, dont certains ont des idées bien arrêtées, à une certaine modestie…

Les six aveugles et l’éléphant

Comme tous les aidants, je suis intéressée par les courants parfois violents qui parcourent les recherches et les médias au sujet des maladies neurodégénératives. Il est toujours utile de lire et d’écouter attentivement ce que les autres ont à dire. L’un de ces courants est pour ainsi dire « négationniste ». Il consiste à nier l’existence de la maladie d’Alzheimer (et des maladies apparentées), ce qui est automatiquement une porte ouverte à l’arrêt des recherches et des traitements pour rejeter le problème et la responsabilité sur le tissu familial et social. Alors que nous connaissons tous des personnes âgées parfaitement claires et performantes intellectuellement jusqu’à un âge certain, j’ai du mal à croire que la destruction spectaculaire et rapide des capacités cognitives d’adultes encore jeunes à mon sens (on n’est pas sérieux quand on a 70 ans) soit un processus naturel du vieillissement. En ce qui concerne les personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives, certaines ont des comportements délirants, hallucinants, voire violents, comme les malades à corps de Lewy. Comment peut-on supposer, sauf si l’on ne connaît pas de près la situation, que ces malades peuvent être « gérés » dans un milieu privé ou associatif par un simple accompagnement comportemental, même si celui-ci a un effet bénéfique ? Je dirais même que cet accompagnement ne peut être bénéfique qu’avec un support médicamenteux qui limite les symptômes délirants. De ce fait, il est plus que nécessaire de continuer à explorer les causalités et les pistes thérapeutiques en espérant que nos enfants et petits-enfants auront un avenir meilleur que le nôtre.

Un article récent du NY Times traite une hypothèse qui n’est pas nouvelle mais qui fait partie des nombreuses hypothèses possibles : un ou plusieurs facteurs (viraux) apparemment anodins seraient des bombes à retardement qui provoquent une réaction autodestructrice à très long terme. Je pense que l’on va trouver un jour et que ce sera comme l’histoire de l’éléphant. J’ai lu ces jours-ci cette fameuse parabole originaire de l’Inde sous la plume d’un archéologue qui s’est lourdement trompé dans ses hypothèses et qui s’en excuse indirectement : six aveugles décident de connaître ce qu’est un éléphant. Chacun touche une partie de l’éléphant et l’interprète de façon erronée si bien que les six aveugles ont une idée partielle et fausse mais pas la perception de ce qu’est un éléphant. Nous l’avons devant nous mais nous ne sommes pas capables de l’identifier. Aujourd’hui, nous en sommes là, mais dans le domaine de la médecine, les choses peuvent évoluer vite et de façon spectaculaire.

Jacqueline

 

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fermer le menu