Texte de Cécile C

Recul

Recul

Prendre du recul.

Avoir un mouvement de recul en apprenant.

Paniquer, ne pas comprendre, ne pas vouloir entendre.

Et puis, se renseigner, se documenter, lire, regarder, questionner.
Et puis imaginer, se projeter, frissonner, s’isoler, se recroqueviller.

Ne pas vouloir y croire, espérer que ça ne sera pas le cas.

Penser, repenser, ressasser le passé. Et si …

Et si elle n’avait pas…
Et si elle avait…

Panser, repanser le passé.

Et puis accuser le coup des résultats médicaux.
En vouloir aux diagnostics, aux médecins, à la science, à l’inconscience du temps passé.

Et puis prendre conscience chaque jour d’un moins, qui laisse l’espoir vain

Chaque jour d’un plus, qui redore l’avenir.
L’avenir d’un jour mais pas forcément du lendemain.

Constater une écriture qui se miniaturise.
Accepter les gens qu’elle invite à son insu.

La voir se courber, risquer de chuter, sans bruit, un chuuut.

Et puis l’entendre se redresser en imposant sa parole feutrée.

Reconstituer à travers ses mots éparpillés, l’histoire, son histoire.
Mélange d’une situation d’antan et d’une image du présent.

Amalgame de mots, de moments.

Et puis en écho le résonnement de la génération d’après « au moins, elle est encore là »

Pertinent, uppercut qui aide à redresser notre dos, qui se courbait avec elle.

Se questionner : comment rendre son présent plus doux ? comment intégrer son nouveau monde ?

S’interroger : et lui, comment le soutenir pour rendre son présent plus fort, plus solide face à cette tourmente ?

Comment ?

Mouvance des générations et incompréhension des dégénérations.

Cécile Cailleaux

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