Poème d’un aidant

Quand le Chœur accorde les vies

Ma mère-vie s’est fait la belle.
Fards coulants, usés de se débattre,
Fuyant, n’en pouvant plus de se battre,
Son monde, devenant parallèle.

Ses maux souvent psychosomatiques
Auront eu déraison de sa vie.
Le jour est venu du diagnostic :
«La maladie à corps de Lewy ».

Joli nom donné pour un naufrage
Pour ce départ sans plus de bagage ;
Ses seuls effets, émotions premières,
Pleurs, rires, peurs, oubliés ceux d’hier.

Ayant perdu le reflet de son « moi »
Dans l’univers où elle n’est plus « Maman »
Qui ? Où ? Quand ? Il faut l’aider mais comment ?
Et la voir et retenir la joie ?

Un jour de boucle en idée noire,
J’ai tiré une magie blanche,
Dans l’urgence de fuir le désespoir,
Comme chant qui apaise, débranche…

Désormais nous convions la musique,
Nous invoquons ses âmes ravies,
Ce médi-calmant thérapeutique ;
Oh Grand Choeur qui accorde les vies !

Pascal Sautron

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Comments 1

  1. Cailleaux

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    C’est magnifique, touchant, si vrai. Tout comme ce nom de maladie est « si joli » comme vous dites, ce poème est beau pour parler d’une disparition d’un être cher pourtant encore tout en chair. Ma Maman est atteinte de cette maladie.
    Merci à vous. Cécile Cailleaux

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